|
A
le voir si souriant, la cinquantaine fringante,
on a du mal à croire que cet acteur puisse
se métamorphoser en l'être blème,
voûté et servile qu'est Grima,
le conseiller du roi de Rohan.
C'était
d'ailleurs l'opinion de Peter Jackson, qui a
d'abord rejeté Brad Dourif. "J'ai
auditionné pour le rôle et je ne
l'ai pas eu, se souvient le comédien.
Mais l'autre acteur a finallement renoncé."
Quand
il débarque sur le plateau, Brad Dourif
est saisi par l'ampleur du projet: "Il
y avait un type qui assemblait un par un les
maillons d'une armure. J'ai rarement vu une
telle minutie."
Puis
il découvre Peter Jackson qui, derrière
ses nombreux écrans dirige jusqu'à
quatre plateaux en même temps. "
on aurait dit le professeur Nimbus. Difficile
de parler avec lui. Je le regrette un peu, car
je n'ai jamais eu avec Peter Jackson, pour lequel
j'ai énoemément d' admiration,
une relation aussi enrichissante qu'avec Milos
Forman ou Ken Loach.
C'est
avec Fran Walsh, compagne et coscénariste
de Jackson, qu'il dessine les contours de Langue
de Serpent. "Nous avons essayé de
donner de l'humanité à cet homme
machiavélique. Il agit par manque d'amour.
C'est difficile d'ajuster un personnage si fort
sans tomber dans le grotesque."
Modeste,
le comédien fait preuve d'un talent inouï
pour cmprendre les personnages un peu tordus.
Il faut dire que depuis qu'on l'a découvert
dans Vol au dessus d'un nid de Coucou, il
s'est fait une spécialité des
sérial killers, scientifiques fous et
autres dangers publics.
"chacun
a une part de monstre en soi. A mon âge
- 52 ans-, on ne change plus son image. Je suis
déjà bien content qu'on m'offre
du travail.
Mon
coeur ne bat pas de la même façon
quand je ne joue pas."
|